Cartes sur table avec… Didier Ollé-Nicolle

Dec
22
2010
Cartes sur table avec… Didier Ollé-Nicolle
16.02.2011 16:00 - rédigé par
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Le championnat suisse est particulier. En fait, nous commencerons un nouveau championnat avec dix-huit matches.

L’équipe-fanion de Neuchâtel Xamax, dont les joueurs bénéficient, comme il se doit d’ailleurs, de quelques jours de vacances, et l’on espère qu’elles répondront à la formule « kurz und gut », est confiée depuis plusieurs mois à l’entraîneur français Didier Ollé-Nicolle. Nous venons de le joindre juste avant Noël, car lui aussi se ressource pour être en pleine forme à la proche reprise, et l’on connaît l’importance, la valeur, du repos : dis-moi comment tu te reposes et je te dirai comment tu travailles.

  • Ma première question vous fera peut-être sourire, mais votre patronyme n’est pas habituel. Quelle est son origine ?
  • Ma famille est originaire d’Italie, de Bergame. Mes grands-parents ont émigré en France après la première Guerre mondiale. Moi-même, je suis né en France.

En 24 heures

Il a été engagé par le président Sylvio Bernasconi.

  • Est-ce votre première expérience à l’étranger ?
  • Oui, absolument. Pendant vingt ans, j’ai entraîné en France. Or, j’avais pris la décision de tenter une expérience à l’étranger. J’étais en pourparlers avec Southampton, lesquels tardaient à avancer, de sorte que, lorsqu’on m’a appelé de Neuchâtel, en 24 heures, tout a été réglé.
  • Que pensez-vous de Neuchâtel, de la région, des gens ?
  • Je suis content de mon choix. Je découvre une région qui s’apparente à celle que j’aimais particulièrement, la région d’Annecy. Climat assez semblable, lac, montagnes. Ce n’est pas très loin de la France. Il y fait très bon vivre. J’ai été bien accueilli. Bien que je sois surtout immergé dans mon travail, j’ai l’occasion d’apprécier ce sympathique et sain environnement.

Un peu étonné

Mais on sent que c’est surtout le travail qui hante… amicalement ses jours et ses nuits, car si de jour on est à la tâche, c’est dans le repos du soir qu’on prépare le programme du lendemain.

  • Votre impression du club ?
  • Quand on vient de France, on est un peu étonné de voir que le club,  l’équipe, dans la population, au niveau des entités que sont aussi les autorités, n’est pas aussi entouré qu’on pourrait l’imaginer, d’autant plus qu’il est à la recherche de l’indispensable stabilité. Or, un club comme Neuchâtel Xamax est un porte-drapeau. Je dirai même qu’il peut être le porte-drapeau de la Romandie. Il n’y a pas de concurrence à proximité. Sion est éloigné, Lausanne-Sports- Servette ne sont pas, du moins pour l’instant, dans l’élite. Il y a une place importante à prendre.
  • Et les contacts avec les dirigeants ?
  • Le président a un grand mérite. Il lutte, dépense et se dépense. Il mérite le respect, la reconnaissance. C’est essentiel pour un entraîneur de pouvoir s’appuyer sur le président. Lui est l’entraîneur constitue le binôme de base dans la marche de l’équipe, du club. Une vraie empathie.

Un peu bizarre

Après le club, l’équipe !

  • Votre avis sur l’équipe dont vous avez hérité ?
  • Au début, une impression un peu bizarre. Le fonctionnement, tout ou presque, était, je dirai, trop gentil. Mince esprit de combativité. Hésitation chez les joueurs à se… faire mal au quotidien.
  • Il y a eu du changement…
  • C’était indispensable. La quinzaine de joueurs auxquels j’ai fait principalement appel se sont bien mis au travail. IL nous manque hélas trois points : deux contre Bellinzone et un contre Bâle.
  • Cette équipe, qui vient de terminer la première moitié du championnat, jouerait-elle en deuxième division française ?
  • Aujourd’hui, oui !
  • Et quelles sont les équipes suisses qui seraient actuellement de taille à militer en 1ère division ?
  • Oh ! plusieurs ! Bâle, Zurich, Young Boys, voire Lucerne et Sion !

Du yo-yo !

  • Comment entrevoyez-vous la suite du championnat de Neuchâtel Xamax ?
  • Le championnat suisse est particulier. En fait, nous commencerons un nouveau championnat avec dix-huit matches. Le noyau dur au travail. IL nous faut parallèlement trois joueurs avec le profil et le mental appropriés, cela pour nous situer dans la bonne partie du classement, éviter de faire du yo-yo.
  • Les correctifs donc ?
  • Consolider, en termes de travail. Et ne pas louper notre recrutement !
  • De quelle durée est votre contrat ?
  • Un an et un an en option.

Métier un peu spécial

  • Comment entrevoyez-vous votre avenir ? Jusqu’à quel âge un entraîneur est-il, si l’on peut dire, actif ? En d’autres termes, y a-t-il pour un entraîneur, comme pour nous tous, l’âge de la retraite ?
  • Notre métier est un peu spécial. C’est en partie la passion qui nous guide. Tant qu’on a envie de progresser, qu’on va avec plaisir chaque jour à 8 h. au stade, pas de limite. Oui, de l’enthousiasme et se maintenir en forme. Dès lors, pourquoi pas jusqu’à 65 ans, 70 ans ?
  • Quel est l’entraîneur que vous admirez le plus.
  • Il n’y a pas de modèle. Chacun a ses idées et sa façon de les appliquer. Il est vrai qu’un Arsène Wenger mérite le respect pour sa longévité à Arsenal. Et Mourinho, malgré son arrogance, est un grand bonhomme. On ne gagne pas tout ce qu’il a gagné au plus haut niveau avec des clubs différents sans que soit sous-jacente une réelle valeur.

A qui le Ballon d’Or ?

Passons aux joueurs !

  • Parmi ceux en activité, lequel vous séduit le plus ?
  • Iniesta. C’est un garçon qui s’intègre dans le jeu collectif, qui joue et fait jouer les autres. Il mérite le Ballon d’Or.
  • Et dans l’histoire du football, lequel vous paraît le plus grand ?
  • Viennent à l’esprit des noms comme Pelé, Maradona, Cruyff ! Mais je crois que, compte tenu de l’évolution du football, où tout est allé plus vite et avec un contexte nettement différent, notamment plus dur, je citerai Platini, Zidane, qui ont toute mon admiration.

Dernière question :

  •  Qu’avez-vous demandé au Père Noël ?
  • Sur le plan personnel, que mes proches, parents, enfants, ma compagne, ne connaissent pas de soucis de santé. Pour Neuchâtel Xamax, qu’on regrimpe la pente, et je l’espère en particulier pour le président qui a sauvé le club économiquement, pour les dirigeants aussi, dont Paolo Urfer, un futur grand directeur sportif avec qui j’ai énormément de plaisir à collaborer. Ainsi que pour les joueurs, les supporters, la région !

Il conclut :

  • Il faut donc que nous nous accrochions. Tous, et moi le premier qui dois apporter ma petite pierre à l’édifice pour qu’il tienne le coup. Et longtemps !

Alors gentil Père Noël, ne reste pas insensible à nos espoirs !

Val.

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