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L'interview : Tariq Chihab
Tariq Chihab

CARTE DE VISITE

Nom

Tariq

Prénom

Chihab

Poste

Milieu

Né le

22 novembre 1975

Nationalité

marocain



PARCOURS

2000-2004

FC Zürich

2004-2006

Grasshopper-Club Zürich

2006-2007

FC Sion

2007-…

Neuchâtel Xamax



Ecoutez l'intégralité de cet interview au moyen du fichier .wma ci-dessous (9.0 mb)




Bonjour, Tariq Chihab

Vous avez débuté votre carrière dans votre pays, au Chahab Mohammédia, avant de signer en Suisse, au FC Zurich. Qu’attendiez vous de ce saut à l’étranger ?

C’est comme tout les joueurs évoluant au Maroc et en Afrique en général, qui cherchent toujours à améliorer leur niveau footballistique et financier. En Europe, c’est très intéressant pour les joueurs africains. J’ai eu de la chance de directement aller jouer dans un bon club comme le FC Zürich, j’ai très bien travaillé lors de l’essai que j’ai fait en Suisse, et j’ai réussi à convaincre l’entraîneur qui était Gilbert Gress. J’ai eu mon contrat de 3 ans et demi avec le FC Zürich, c’était vraiment le départ de ma carrière ici en Suisse.

Dans votre tête, était-ce une transition pour, par le futur, aller dans le championnat très réputé qu’est la Ligue 1 française ?

Je pense qu’il y avait deux ou trois occasions pour aller là-bas, mais les offres n’étaient pas très intéressantes, des offres de 6 mois, 8 mois, et comme je suis père de famille, je ne pouvais pas prendre le risque d’aller là-bas, car on ne sait pas ce qui peut se passer. Et surtout de prendre la famille avec pour 6 mois n’aurait pas été intelligent, c’est pas facile de déménager avec la famille, pour tenter quelque chose qui peut marcher mais qui peut aussi ne pas marcher.

Dès votre arrivé, vous avez très vite gagné votre place, ce qui est une constante dans votre carrière. Que vous ont apporté ces 4 ans au FC Zürich ?

C’était vraiment très intéressant car j’ai découvert un championnat différent, il y a l’agressivité, la tactique, et la technique aussi. J’ai pu apprendre beaucoup de chose, surtout avec un entraîneur comme Gilbert Gress, qui m’a donné un soutien très intéressant pour un joueur qui arrive en Europe, et mon intégration n’a pas été très difficile malgré la langue allemande. Le soutien que j’ai eu par les joueurs et l’entraîneur m’a facilité la tâche, et j’ai pu m’intégrer facilement au club.

En 2004, vous décidez de partir chez le « frère ennemi », le Grasshopper-Club de Zurich. Vous y jouerez deux ans avant de partir en Suisse Romande, au FC Sion. Dans quelles circonstances ont eu lieu ces choix ?

Ce n’était pas facile de partir à GC, vous savez bien la rivalité qu’il y a entre Zurich et eux, mais j’étais obligé car c’était une offre vraiment très intéressante pour moi. Malheureusement je n’ai pas pu rester au FC Zürich, c’était mon souhait et celui du club, l’entraîneur a fait le maximum mais le directeur sportif n’a pas fait un effort de plus pour que je puisse rester. J’étais vraiment très content au FC Zurich, je jouais titulaire, n’avait pas de problème, le public m’appréciait, j’avais un très bon contact avec les gens et les supporters. Mais l’offre que j’ai reçu de Grasshopper était vraiment très intéressante, et c’est ça qui m’a poussé à changer.

Malheureusement, le fait marquant de votre année au Valais fût cette grosse blessure à la cheville contracté le 6 août 2006. Comment avez-vous vécu ces 6 mois tenus éloigné des terrains ?

Je suis arrivé au FC Sion, c’était bien parti pour moi, j’ai fait trois matchs extraordinaires, de très bons résultats. 10 points en 4 matchs, alors que Sion venait d’être promu, c’était vraiment extraordinaire. Malheureusement le 4ème match était contre St-Gall, on gagnait 3 à 0, 12 minutes avant la fin du match j’ai contracté la blessure la plus grave de ma carrière. C’était pas facile 6 mois éloigné des terrains, surtout quand tu es passionné de foot, c’est pas seulement question de le faire comme métier, mais surtout tu as envie de jouer mais tu ne peux pas, j’étais obligé de rester avec les béquilles. Mais avec le soutient de l’entraîneur Nestor Clausen qui était très sympa, le président Constantin, les dirigeants, ils ont été bien avec moi du début à la fin, je ne pouvais pas espérer mieux, pour être motivé à 100%, revenir le plus vite possible et récupérer les qualités que j’avais avant la blessure. Heureusement que j’ai réussi à le faire dans une période de 6 à 8 mois, c’était génial de la part des gens qui étaient à côté de moi. Je pense que j’ai failli passer à coté de ma carrière, vous ne devez pas être au courant : ils ont mal diagnostiqué le problème à l’hôpital à Sion, un médecin a décidé de ne pas m’opérer et de juste mettre le plâtre, et que ça irait 2 mois après, tout en étant éloigné des terrains 8 mois à 1 ans. Mais après les 3-4 premières semaines j’ai vraiment eu un doute, j’ai pris un rendez-vous avec un médecin zurichois de confiance, avec qui j’avais travaillé. Il a été choqué lorsqu’il a vu les radios, j’avais un raccourcissement du péroné de 5 à 6 millimètres, il n’était pas tout droit, il était décalé, même pour pouvoir marcher normalement ce n’était pas vraiment possible, je risquais de l’arthrose. Par chance, il a fait un effort extraordinaire pour récupérer ma cheville, j’aimerais vraiment le remercier, sans lui j’aurais déjà arrêté ma carrière professionnelle, je n’aurais plus pu jouer au football. Il a essayé de m’opérer, de remettre ma cheville dans son état normal, et ça a marché, heureusement pour moi.

Finalement, vous êtes l’une des recrue de la saison 2007/2008 de Neuchâtel Xamax. Pourquoi avoir opté pour notre club ?

La raison est que je n’ai pas eu ma chance avec l’entraîneur Bigon, qui avait un système de jeu différent de Clausen. Au moment où j’ai senti que j’étais à 100% de mes qualités, que je pouvais jouer, j’avais besoin de son aide pour retrouver le rythme, il m’a négligé. Je suis quelqu’un qui aime être respecté, j’ai 31 ans je ne suis pas un jeune qui doit bosser et baisser la tête, j’ai besoin de respect. Après quelques matchs, j’ai pris ma décision, le président et les dirigeants n’étaient pas d’accord, mais j’ai décidé de partir, j’ai dit que si je jouais pas, cela ne valait pas la peine que je reste, je veux mériter mon salaire, pas gagner de l’argent en restant sur le banc comme certains le font. J’aimerais bien jouer, faire le métier que j’aime et en même temps gagner de l’argent. Heureusement que Neuchâtel Xamax était intéressé car c’est une ville qui parle français, et le club avait des ambitions avec le nouveau stade, l’entraîneur, les dirigeants, le président et le directeur sportif, ils sont ambitieux pour faire quelque chose ici. J’ai trouvé que c’était le club idéal pour moi. J’ai pris la décision de venir ici, et je crois avoir fait le bon choix.

En 7 années passées en Suisse, vous n’avez, sauf erreur, remporté aucun trophée. Pensez-vous pouvoir le faire ici, à Neuchâtel, par exemple en remportant une coupe de Suisse qui fait encore défaut au palmarès du club ?

Oui c’est juste, je n’ai encore rien gagné. Malheureusement je suis passé à côté de ça avec le FC Zurich, je suis parti lorsqu’on était en demi-finales, et après ils ont remporté la coupe. C’est une question de destin. Je pense qu’on a tous les moyens pour le faire ici, on a une équipe solidaire, c’est l’occasion pour gagner quelque chose en Suisse avant ma fin de carrière. Je pense qu’avec un peu de travail, pourquoi pas. Tout est possible, deja pour finir dans les 3 ou 4 premiers du championnat, et pourquoi ne pas aller jusqu’en finale de la coupe.

Une des grandes révélations cette saison vient de la complémentarité, de la force que vous dégagez au milieu du terrain avec Everson, joueur avec lequel vous n’aviez encore jamais joué. Comment expliquez-vous cela ?

Je pense qu’Everson est un bon joueur, on a essayé de faire une complémentarité au milieu du terrain. Je suis plus un joueur qui va vers l’avant, lui il aime plus faire sortir la balle vers les défenseurs et défensivement nous travaillons les deux. La force d’une équipe est le milieu, si le milieu est bon, tout va bien. On a une très bonne expérience tous les deux, on a le même âge, on a joué dans des bons clubs, lui un peu plus que moi, il a joué dans des clubs comme Benfica et Nice. Alors c’est un gars avec qui n’importe qui aime travailler. Je suis très content quand on travaille ensemble, on s’entend bien. C’est bien pour l’intérêt de l’équipe.

Un des faits marquant de vos premiers matches sous nos couleurs est votre but contre votre ancien club à Tourbillon. Peut-on parler d’une petite « vengeance » à l’encontre de ce club qui ne vous faisait plus confiance pour cette année ?

Je pense d’abord ce n’est pas une question de vengeance, cela fait partie du jeu. Hier j’étais à Sion, aujourd’hui à Neuchâtel, avant-hier à Grasshopper, le football actuel, c’est comme ça. Personnellement j’étais content de marquer contre l’entraîneur, pas contre le public ou le président, j’étais content car l’entraîneur a bien du comprendre. Déjà au match amical j’ai marqué et fait un assist, et dans le match de championnat c’était la même chose, j’ai fait un bon match. J’espérais avoir marqué le but de la victoire, mais malheureusement on a pris le but à la 93ème minute, j’étais déçu car je voulais être le buteur de ce match, être le joueur qui donnait 3 points à Neuchâtel Xamax et 0 à Sion, mais ça fait partie du jeu, c’est comme ça. Je vais également essayer de marquer des buts contre les autres clubs. J’ai manqué pas mal d’occasions jusqu’à présent, mais je suis content, j’arrive bien à aller vers l’avant, à me créer des occasions, le reste va venir.

Le début de championnat de Neuchâtel Xamax ressemble quelque peu à celui du FC Sion la saison passée, dans la position d'un néo-promu surprise – que doit faire Xamax pour que cette situation perdure ?

Je pense que vous avez raison, c’est le même scénario qu’avec Sion. Sion a mal géré le championnat au début du 2ème tour, nous on va essayer de pas faire la même erreur, être concentré jusqu’à la fin du championnat, et pourquoi pas prendre la 2ème ou 3ème place du championnat. On a la possibilité, avec de très bons joueurs, des défenseurs solides, regardez Alex, Stéphane, Mounir El Haimour qui fait vraiment de très bon match aussi. Devant on a des attaquants qui peuvent faire la différence à n’importe quel moment, il leur manque juste un peu de confiance. Donc je pense qu’on a les moyens de bien finir le championnat.

On le sait, votre contrat arrive à échéance à la fin de cette saison. Votre désir est-il de le prolonger ?

Bien sûr. Je n’aime pas trop changer de club, vous avez remarqué que je n’ai jamais fait 6 mois dans un club, toujours 3 ans ou 2, sauf à Sion, c’était une exception. Je ne voudrais pas faire le même scénario ici, j’aimerais bien faire encore 1 an ou 2, il y a les moyens d’aller vers l’avant, le club est bien structuré, j’ai été à Zurich, GC et Sion, et je vois que Xamax est un des clubs les mieux structurés avec un bon stade, des dirigeants professionnels, pourquoi ne pas finir ma carrière ici ?

Avez-vous des relations particulières avec votre compatriote Mounir El Haimour ?

Ca c’est certain, comme tout les joueurs qui viennent du même pays, c’est quelque chose de spécial, je suis vraiment très content de le trouver ici, c’est un gars très gentil, généreux, qui travaille sur le terrain avec un grand cœur, et en dehors c’est la même chose. On se retrouve souvent après les entraînements soit chez lui soit chez moi, c’est très intéressant pour lui plus que pour moi, car il n’est pas encore marié, n’a pas de famille, et je pense que ça l’aide de retrouver quelqu’un du Maroc. Je le considère comme un frère et j’espère que notre amitié va durer plus longtemps.

Avez-vous un joueur de référence, un modèle ?

Au niveau international il n’y a pas mieux que Maldini. C’est un joueur qu’il faut prendre comme modèle, c’est quelqu’un de sérieux, professionnel, travailleur. Il est toujours là, même s’il a maintenant quelques problèmes. Il faut l’imiter, faire comme lui.

A côté du foot, quels sont vos hobbies, vos intérêts ?

J’aime bien faire de la natation, c’est vraiment ce que j’aime bien faire le plus à côté du foot. Bien entendu, j’aime aussi sortir, oublier un peu le foot avec d’autres activités comme le tennis, mais surtout la natation.

Pour terminer, un dernier message à adresser aux supporters neuchâtelois ?

J’ai été surpris par l’amour de ces supporters pour leur club, ce sont des supporters exemplaires, je suis très content de jouer dans ce club pour eux. On a vraiment besoin de leur soutien jusqu’à la fin du championnat pour pouvoir finir dans une bonne position. Personnellement j’aimerais déjà les remercier pour ce qu’ils ont fait jusqu’à maintenant avec l’équipe, et je demande encore plus de soutien !

Merci, Tariq Chihab !

Interview concoctée par B. Bise et L. Weber
Document Télécharger le document 10.12Mo


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