Dans le monde du football où tout est si mouvant et où les défénestrations d’entraîneurs sont monnaie courante, il convient de mentionner, en lettres de feu, une rareté. Alex Ferguson, dont la reine d’Angleterre a fait Sir Alex, se trouve à la barre de Manchester United depuis, tenez-vous bien ! 1986. Quand nombre d’entraîneurs ne finissent même pas la saison qu’ils ont entamée, on est émerveillé de voir ce technicien, que la TV montre fréquemment et pour cause, en train de mastiquer son chewing-gum, diriger un des clubs les plus prestigieux du globe depuis maintenant vingt-trois ans, soit depuis une époque où certains de ses joueurs, pour autant qu’ils soient nés, n’étaient pas plus hauts que trois… ballons. C’est que son palmarès fait rêver : onze fois le titre de champion d’Angleterre, et deux fois la Coupe d’Europe des champions. Et actuellement plus que jamais en piste !
Problème délicat que celui de l’entraîneur ! Si l’équipe ne trouve pas son rythme et accumule les défaites, que faire ? Trop souvent, solution de facilité, on le… remercie, curieuse façon d’ailleurs de le prier de s’en aller ! Mais, pour citer un exemple éloquent, évoquons ce qui s’est passé cette saison à l’AC Milan. On crut un moment que les dirigeants de ce club allaient inviter Leonardo à tirer sa révérence. C’est que Milan, où Leonardo a remplacé Ancellotti aspiré par le chant de sirène d’Abramovic, plus précisément les millions qu’il lui offrait pour qu’il prenne en charge Chelsea, oui Milan se débattait dans les basses eaux du classement, une honte selon les thuriféraires du multi-président Berlusconi. Or, contrairement à ce qui se passe généralement, on s’est montré quelque peu patient, et aujourd’hui Milan occupe la deuxième place du classement du championnat d’Italie et navigue joyeusement en Champions League.
On en déduit que, dans la gestion d’une équipe, le président et ses collègues du comité, le plus souvent le Conseil d’administration, assument autant de responsabilités que l’entraîneur, et même plus puisqu’ils tiennent, si l’on peut dire, le couteau par le manche. Soit faire le bon choix, prévoir en commun un projet portant sur plus que l’immédiat. Et tenir le temps nécessaire, ce qui est forcément difficile à déterminer ! Des éléments qui ne s’enseignent pas à l’école !
Valentinibus