On connait la réflexion du regretté Norbert Eschmann qui, en ayant vu de toutes les couleurs au cours de sa longue carrière, d’abord comme footballeur puis comme journaliste, a dit un jour :
-. Lors d’un pénalty, je n’ai jamais entendu l’entraîneur de l’équipe qui le subissait déclarer que ce pénalty était justifié.
Sans parler de « la main » de Thierry Henry qui a provoqué un séisme dans le monde du football, lequel débouche sur deux problèmes, l’un éthique, à savoir l’honnêteté, et l’autre pratique, soit les difficultés pratiques pour un arbitre de tout voir, on vient d’avoir un nouvel exemple du flou, même pas artistique, qui règne quand l’arbitre sanctionne une faute d’un pénalty, et certains coupeurs de cheveux en quatre préciseront même :
-. Pour ce que l’arbitre a considéré lui comme une faute !
Lors du match Liverpool-Birmingham, le club du lieu a obtenu le résultat nul de 2-2 grâce à un plongeon de David N’gog, que n’aurait pas désavoué le champion olympique de la spécialité. En Angleterre, où beaucoup plus que dans d’autres pays, on ne plaisante pas avec les tricheurs, il y eut une violente réaction, laquelle va peut-être inciter les dirigeants de ce pays à demander eux aussi qu’on puisse désormais recourir aux images de la TV pour disqualifier le coupable. Oui, modifier les dispositions actuelles de la FIFA qui n’autorisent pas, dans les cas de cette nature, à punir rétroactivement une flagrante tricherie. Tout aussi capital dans le contexte de « la main de Henry » !
Car, pour en revenir au match de Liverpool, si l’on en reste à la pratique actuelle, il est évident que, par les paroles, selon qu’on est de Birmingham ou de Manchester, on peut tout interpréter, et bien sûr, dans le cas particulier, innocenter celui que seules des personnes injustes se seraient permises d’attaquer. Ne devrait-on pas avoir honte d’accuser ce malheureux joueur de tricheur ? Lisez plutôt le plaidoyer du dénommé Bruno Satin, procurateur de David N’gog :
-. David n’a nullement cherché à tromper l’arbitre. David est un garçon bien élevé, correct et gentil, qui ne saurait tricher. Il est probablement tombé, car il a eu peur de se faire mal vu que les chocs sont parfois très durs en Angleterre où l’on permet n’importe quoi aux défenseurs.
Et de poursuivre :
-. Voyez la sanction infligée au joueur qui a brisé la jambe à Eduardo ! C’est à peine si on lui a infligé trois matches de suspension. Il convient qu’on remette les choses dans leurs justes proportions.
Qui dit mieux ?
Ajoutons cependant la réflexion d’un journaliste de cette Angleterre où l’humour n’a jamais été lettre morte :
-. Y aurait-il un pareil remue-ménage si un joueur anglais, faisant un tel plongeon, permettrait à l’Angleterre de gagner la finale des prochains championnats du monde ?
Selon les points de vue, le problème reste donc entier ! Car ce serait vraiment trop simple de se comporter comme il semble que ça devrait être le cas : en sportif !
Il n’est pas interdit de… rêver!
Valentinibus