C’est une chance de ne pas se sentir seul au monde, et même Robinson Crusoé, avec Vendredi, l’a apprécié. Mon récent billet, concernant l’entraîneur en général, m’a valu quelques réactions bienvenues, d’autant plus que j’avais été loin d’être exhaustif dans l’énumération des critères choisis, généralement par les Tout-Puissants présidents, pour s’assurer les services de l’oiseau rare.
Le meilleur entraîneur, chacun est d’accord avec cette lapalissade, est celui qui gagne, et, si son équipe pratique un jeu spectaculaire, on a résolu l’épineux problème de la quadrature du cercle. Il lui faut donc être notamment un habile technicien, un fin stratège, un psychologue averti.
Sympathiques dialogues
Mais, plutôt que de tomber dans les redites, voyons ce que j’ai retenu des dialogues que je viens d’avoir avec ces si précieux lecteurs !
Je résume :
-. Certes, en plus de ce que j’ai lu, il faut que l’entraîneur soit quelque peu visionnaire, qu’il ait les épaules larges pour supporter les réactions de l’ensemble des météores gravitant autour de lui : présidents, presse multiple, arbitres, experts en tout genre, notamment ceux qui savent tout… une fois le match terminé.
Autre complément :
-. Savoir parler à ses joueurs comme à des enfants, élèves ou étudiants, certains bons entraîneurs ayant d’ailleurs été enseignants.
Mais encore :
-. Il n’y a pas de règles précises, contrairement à ce qui se fait dans tous les autres métiers où l’on suit un apprentissage qui permet d’acquérir les bases nécessaires.
Prendre le bon train
Plus loin :
-. Très important de faire partager aux joueurs les thèses que l’on croit bonnes, en les persuadant qu’elles sont réellement bonnes, que la formule adoptée vient autant d’eux que de l’entraîneur ! D’en être convaincu accroît la confiance, la force, l’engagement.
Peut-être aussi :
-. Savoir partir à temps, car l’entraîneur engagé, balai neuf, balaye bien, finit par s’user.
Et cet amical correspondant de citer un exemple entre cent :
-. Gress a connu des séries brillantes, et, d’autres, ailleurs qu’à Neuchâtel, qui le furent beaucoup moins.
Mais il en cite un autre :
-. Il y a cependant ceux qui ont du flair, qui sont très malins, comme Hodgson, qui vont au bon moment dans ce qui est pour eux le bon club. Parfois donc, il convient d’attendre… le bon train.
Quelques remarques d’une certaine dureté :
-. Avoir le cœur dans la tête, et même certaines fois pas de cœur du tout, notamment quand les circonstances veulent qu’il faille mettre sur le banc des remplaçants un joueur qui est un ami, avec qui on a même joué. Le bien de l’équipe efface tout sentiment personnel.
Ce qui pourrait être le cas à Juventus, quand il sera rétabli, de Del Piero, dont l’entraîneur actuel, Ferrara, fut longtemps son coéquipier et est bien sûr resté son ami.
L’astuce de Mancini
Point important encore :
-. Maîtriser le vestiaire où, selon les circonstances, la révolte gronde et bientôt, si les résultats restent négatifs, éclatera.
Ce n’est pas un hasard si Mancini, quand il entraînait Lazio, puis Inter Milan, avait comme adjoint l’impressionnant Mihailovic, dont même l’ombre pouvait faire peur aux plus courageux.
Tous mes « correspondants » ou presque en arrivent cependant à la même conclusion :
-. Il n’y a pas finalement de formule gagnante. La chance, quoi qu’on en dise, joue certes un rôle important, et juste était l’allusion à la question que posait Napoléon à ceux dont il pensait faire des généraux. Mais ce facteur, finalement, ne concerne pas que le football. Il est d’actualité partout, et nombreux sont ceux qui cherchent à l’apprivoiser, ne serait-ce qu’en jouant à l’EuroMillions.
Et preuve à l’appui de cette thèse, comme point final, et même comme point d’orgue :
-. Voyez les multiples tentatives de Constantin. Il a tout essayé : des durs, des tendres, des jeunes, des vieux…
Et l’on revient ainsi au point de départ. Ou presque !
Valentinibus