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Tous azimuts – Histoires de Coupe C’est une séquence de Coupe que nous venons de vivre, généralement un moment bien sympathique, car la Coupe, telle qu’elle est conçue en Suisse (un seul match qui peut être celui du K-O et non pas deux, aller et retour comme en Italie, ce qui en dilue l’essence) reflète bien l’esprit démocratique dont nous sommes imprégnés et les heureux bénéficiaires : tous sont égaux. Egaux au départ ! Ainsi les « petits » ont la possibilité de dialoguer avec les « grands ». Les opérations ne se déroulent pas invariablement dans les stades des catégories supérieures. On se rend chez les « sans grade », dans le peuple donc. Réjouissant, et très beau !
L’on ne sait évidemment pas toujours ce que réserve un tel match. Je me souviens par exemple que Le Parc, de la Chaux-de-Fonds, avait fait mordre la poussière à un club de ligue nationale, que La Rondinella avait fait trembler Servette ou encore qu’Hauterive avait éliminé pas moins que Sion.
Le rôle du « grand » n’est certes pas toujours facile en ce sens qu’il lui faut gagner, mais également, si les événements ne tardent pas à lui être très pour ne pas dire trop favorables, savoir mesure garder. Car on peut battre l’adversaire, en l’occurrence c’est même un impératif de le battre, mais, si le match devient à sens unique, il faut éviter de l’humilier. Ce que Bâle, jouant de surcroît chez lui, une finale contre Neuchâtel Xamax, n’avait apparemment pas compris : il a recherché, comme si la patrie était en danger, un cinquième but après avoir marqué le quatrième, puis un sixième.
Il y eut aussi beaucoup plus tôt, soit vers le milieu des années 30 de quoi sourire selon bien sûr le camp dans lequel on se trouvait. Lausanne-Sports avait battu en finale, à Berne comme c’était la tradition, l’équipe de Nordstern par 10-0. Un peu de tenue, non, Messieurs ! Pas du tout ! Or, deux ans plus tard, la finale opposait ce même Lausanne-Sports à Grasshopper. Et vous aurez évidemment deviné le résultat de ce match : 10-0, mais cette fois c’était Lausanne –Sports le vaincu, dont les joueurs ont ainsi eu la chance, façon de parler, de vivre ce qu’avaient connu deux ans plus tôt leurs adversaires de Nordstern.
Dernier exemple dans ces anecdotes dont on sourit aujourd’hui : celui de La Chaux-de-Fonds au temps de sa gloire, soit l’équipe d’Antenen et de Kernen quand bien même, ce jour-là, Kernen, esprit pondéré et d’un grand esprit sportif en toutes circonstances (jamais le moindre carton !), avait préféré prendre place à la tribune. L’adversaire était Hauterive, militant en deuxième ligue. Qu’allait faire cette équipe ? Deux possibilités. L’une était de mettre en place une défense serrée, la plus serrée possible, en fait pour limiter les dégâts. L’autre était de considérer ce match, ayant lieu de surcroît à La Chaux-de-Fonds, comme une fête, et de jouer comme d’habitude : ouvert et, mieux encore, à cœur ouvert. La Chaux-de-Fonds, sans doute, n’a pas compris. Et goal, goal, goal, soit une avalanche de buts ! Résultat final : 13-0.
Disons, pour la petite histoire, qu’au tour suivant, La Chaux-de-Fonds, jouant à Longeau, a été éliminée. Même si c’est mal d’avoir eu une telle attitude : on n’a pas pleuré dans les chaumières d’Hauterive !
Valentinibus
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