Quel championnat ! Intéressant ! Que dis-je : passionnant ! Quel metteur en scène aurait prévu après huit étapes un tel classement ? Young Boys distançant le détenteur du titre Zurich de dix points, et Bâle, l’équipe-phare de la dernière décennie à treize longueurs ?
Mieux encore, puisque charité bien ordonnée commence par soi-même, que Neuchâtel Xamax occuperait la troisième place ? Oh, d’accord, cette troisième place n’est due qu’au décompte des buts, car nous sommes quatre à avoir engrangé douze points. N’empêche que, si infime que soit une différence, elle existe. Ne dit-on pas qu’il suffit d’un millimètre, soit moins que les deux millimètres dont on parlait pour une fumeuse affaire, pour que le Ciel et la Terre soit séparés ?
Cependant, quittons les hautes sphères de mes pseudo-raisonnements, et revenons à Neuchâtel Xamax, qui confirme donc sa bonne santé. Contre Bâle, nous avons constaté que l’équipe était solide, courageuse, décidée, et en souffle. Ce lundi à Grasshopper, ces qualités ont été confirmées. Gagner 1-3 sur un terrain d’où on avait l’habitude de revenir bredouilles est un bon signe. Un autre, montrant à quel point le travail se fait et porte par conséquent ses fruits, c’est la concrétisation en buts des pénalties. Un contre Bâle, deux contre Grasshopper.
C’est en soignant les détails qu’on construit une équipe de bonne qualité. Vous souriez en sous-entendant que, lors d’un pénalty, c’est celui qui le tire et non le gardien qui tient, si je puis dire, le couteau par le manche. Consultez la statistique des pénalties, et vous constaterez que l’obtention d’un pénalty n’est pas régulièrement synonyme de but. Nous en avons d’ailleurs un exemple à notre passif.
Un élément encore nous permettant de cultiver un optimisme mesuré : c’est que le rendement de l’équipe n’a pas souffert des absences de titulaires. Les remplaçants ont su saisir leur chance, ce qui est doublement bon : pour eux et pour nous.
Et maintenant un géant pointe à l’horizon. Un ours menaçant et aux griffes combien acérées se produira, lors de notre prochain match, à la Maladière. Douze jours sont à notre disposition pour tisser le filet qui pourrait tempérer l’ardeur de Young Boys et émousser ses coups. Pourquoi pas ? Est-ce rêver ?
Gilbert Facchinetti